Le 2 juin dernier, nous avons eu la chance lors de notre recollection annuelle d’entendre le témoignage d’une PMR : une Princesse mordue de rêves…
C’est avec beaucoup d’entièreté, de sincérité et de confiance que Marie-Caroline Schürr (ou ‘Marica-roulettes’, comme elle aime s’entendre appelée par les enfants) nous a confié son témoignage, plein de grâce. N’ayant pu être présente pour raison de santé – Marie-Caroline a une maladie infantile qui l’empêche de marcher et de se mouvoir à sa guise, c’est par le biais de la technologie qu’il nous est parvenu. C’est ainsi, elle fait « avec le réel ». Installées face à un grand écran disposé pour l’occasion dans la salle Jules Ginion, à Céroux-Mousty, une centaine de personnes (visiteurs, prêtres et aumôniers de la pastorale de la Santé) l’ont écoutée avec une grande émotion, en présence de Claire Dierckx et de Marc, son mari.
« La joie d’être en vie »
Marie-Caroline a retracé pour nous le fil de sa vie et de sa relation au Christ, qui l’a creusée à travers les épreuves vécues, à la manière dont elle pouvait le recevoir. J’ai ouvert les barreaux de mon cœur, nous a-t-elle partagé, et Dieu s’y est engouffré. Certes, la souffrance a jalonné son existence, jusqu’aux moindres détails de son quotidien. Mais si elle porte son handicap de manière visible, elle rappelle aussi que tous, tels que nous sommes, portons aussi de manière invisible nos vulnérabilités. De la sienne, elle en a fait une force grâce à sa vocation d’aimer. Être toujours capable d’aimer est un don à demander, a-t-elle précisé en ajoutant qu’elle était toujours tombée lorsqu’elle faisait les choses à la force de son poignet, et pas à celui de Dieu. Et de rappeler que son corps est le premier lieu que Jésus aime en elle.

« Mon handicap comme accélérateur »
Si j’existe, et que je peux me sentir digne, c’est parce que les autres sont là. Marie-Caroline n’est pas seule : elle a tissé autour d’elle un réseau de 40 personnes aidantes qui l’accompagnent dans son autonomie du quotidien. Là réside également sa force, sa lumière : elle laisse le Seigneur habiter sa faiblesse, sa pauvreté ; son appui sur les autres devient alors une force dans les liens sacrés du partage et de l’amitié. Pour elle, Dieu s’incarne dans les autres. Dans la même mesure, son handicap devient révélateur de l’humanité chez l’autre. L’amour a ainsi pour royaume le « faire ensemble ». Parce que la solitude tue plus que le handicap, cette princesse mordue de rêves ne cherche plus à tout comprendre, mais à tout accueillir. À travers ses nombreux voyages, ses kilomètres de vie parcourus dans la confiance de Celui pour qui elle a accepté de porter un petit bout de croix, Marie-Caroline a fait l’expérience de l’abandon et du don de soi. Ce faisant, elle nous a aidés à mieux comprendre à quel point la vulnérabilité est une force, un chemin de conversion.
À la relecture de cette journée exceptionnelle qui s’est conclue par un temps de partages suivi d’une messe, revient en écho la phrase biblique préférée de Marie-Caroline Schürr : « Ma grâce te suffit ».
Quelques extraits de témoins qui partagent
Merci beaucoup de cette belle journée de Récollection.
J’ai été très touché du témoignage. QUELLE FOI , SIMPLICITÉ, HUMILITÉ, COURAGE de cette femme et…pleins d’autres personnes qui vivent ‘presque l’invivable’, mais qui le vivent avec DIEU. leur Père, qui sait tout… Et pour qui elles/ils sont les plus beaux ! C’est vrai que c’est un grand mystère, que nous découvrirons là-haut.
Entretemps, prions, prions, prions pour nos frères malades, handicapés /malades. (…)
Que Notre Seigneur vous bénisse au Centuple… C’est dans notre faiblesse qu’Il peut déployer Sa Toute-Puissance.
AVEC TOUTE MON AMITIÉ ET RECONNAISSANCE !
Françoise
Chère Marie-Caroline,
(…) Votre témoignage nous a ramenés à nos propres vulnérabilités.
Quel cadeau faisons-nous à l’autre chacun d’entre nous d’oser lui montrer notre vulnérabilité, d’accepter de se faire aider afin de permettre à l’autre aussi de rencontrer le Christ ?
Vous nous avez montré que nous n’avons pas à cacher nos fragilités, nos blessures mais à les offrir au Seigneur sur la croix car Lui seul peut les porter sans être écrasé mais bien au contraire nous montrer comment à chaque fois l’amour triomphe de la mort. C’est le credo de notre foi mais par votre vie, Marie-Caroline, vous nous montrez que le credo n’est pas « une récitation » et que pleinement vécu, il nous rapproche toujours plus du cœur de Dieu, ensemble et dans un désir de sainteté.
C’étaient d’ailleurs les derniers mots de votre intervention : « Soyons ensemble, soyons saints ».
Tout un programme, chère Marie-Caroline.
Merci de nous avoir « boostés », redynamisés dans notre apostolat, d’avoir mis en lumière ce que nous vivons auprès des plus souffrants.
En nous faisant par votre conférence cette démonstration lumineuse : Comment la vulnérabilité peut-elle être une force ? Vous nous ramenez au message si cher au Christ tout au long de son évangile « N’ayez pas peur »
Effectivement, si notre vulnérabilité devient une force, pourquoi continuer à en avoir peur, bien au contraire ! Merci.
Que le Seigneur vous bénisse et vous comble toujours plus de son amour et de ses grâces.
Hélène
Bonjour « Marie-Caroulette »,
Je viens vous remercier pour votre témoignage en vidéo mardi passé, qui m’a rejointe, remuée, interpellée, et je suis loin d’être la seule !
Merci pour la simplicité et la profondeur avec laquelle vous nous avez confié votre enfance, votre jeunesse, votre vie adulte, avec tous leurs hauts et bas, les joies et les colères, les doutes et les élans, tout ce que vous avez traversé avec, chevillée en vous, la foi en Dieu infiniment aimant, présent à chaque moment. (…)
Merci pour cet encouragement à ouvrir nos œillères qui nous empêchent de « sentir » la présence permanente de Dieu avec nous, de nous ouvrir à Lui, de comprendre qu’il répond toujours à nos prières.
Merci pour nous avoir donné de votre temps malgré que vous étiez malade,
merci pour votre exemple de gratitude permanente vis-à-vis de Dieu et de la vie que vous avez reçue de lui,
merci pour votre exemple vivant de force dans la vulnérabilité !
Merci.
Monique.














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